Temps de lecture : 7 minutes

🎯 Objectif : Redonner à la joie son statut vital 

A lire avant (si ce n’est pas déjà fait 🤗) 

– Introduction à la santé mentale en MTC

– Article précédent sur la rumination

 

 

SANTÉ MENTALE : CULTIVER LA JOIE, SOIGNER LE COEUR (PARTIE 1)

Partie 1 : Redonner à la joie son statut vital 

La partie 2 paraîtra avec notre prochain article 🤫

📌 TABLE DES MATIERES

 La joie, l’émotion de l’été, un sujet très sérieux 

  Absence de joie versus tristesse : une distinction essentielle en MTC 

Quand la joie est mal interprétée : idées reçues à déconstruire 

  Joie et connexion : une émotion qui relie 

  « Comment peux-tu chercher à ressentir de la joie dans le monde qui nous entoure ? » 

  La voie de la joie : trouver sa juste place selon la philosophie chinoise 

  Spiritualité et Cœur : les mouvements subtils de l’âme 

Le quokka, l’animal le plus heureux du monde 

(et oui, il faut s’inspirer de la nature !)

1.LA JOIE, L’ÉMOTION DE L’ÉTÉ, UN SUJET TRÈS SÉRIEUX 

 Évoquer la joie, c’est comme entrouvrir les volets un matin d’été : ce n’est pas qu’un souffle tiède qui passe, c’est la promesse d’une journée lumineuse qui s’invite. En Médecine Chinoise, la joie est reliée au Cœur — le maître des émotions — à la saison de l’été, à l’élément Feu. Avec cet élément, on associe :  

  • la Chaleur 
  • l’organe cœur et les artères,   
  • son organe atelier associé l’intestin grêle 
  • sa couleur : le rouge  
  • sa saveur : amère  

Oh ! Les Chinois connaissaient déjà l’équation parfaite de l’été:  Aperol Spritz = joie. Cqfd ! 

Cette émotion touche en réalité au cœur de notre humanité : amour, spiritualité, capacité à se relier.
La joie est expansion, relation, circulation. 

Loin d’un pic d’euphorie, la joie véritable ne se contente pas d’un rire sonore. Elle s’approche de ce que les Anciens appelaient Shen ming, la clarté de l’Esprit : un état où l’on se sent à sa place, aligné, relié. Relié à soi, aux autres, au monde. 

2.ABSENCE DE JOIE VERSUS TRISTESSE : UNE DISTINCTION ESSENTIELLE EN MTC 

En Médecine Chinoise, chaque émotion est liée à un organe.  Le Cœur abrite la joie. Le Poumon, la tristesse.
La tristesse du Poumon est franche, souvent accompagnée de larmes, de soupirs, de cette impression que tout descend. 

Quand le Cœur est en équilibre, la joie circule naturellement : relation fluide, enthousiasme, légèreté intérieure. Mais lorsqu’il est perturbé, cette joie s’amenuise. Ce n’est pas forcément de la tristesse. C’est une forme d’extinction douce : on perd le goût des choses, comme une rencontre sans mojo — tout est là, mais rien ne circule, l’élan n’y est pas, et on se demande ce qu’on fait là. Ce n’est pas une émotion en trop, c’est une émotion qui manque. On croit être triste, alors qu’on manque de joie. 

Reconnaître cette différence est la clef 🔑 La Méthode Zhong Fu aide à faire clairement cette différence grâce à la lecture des pouls chinois. Cela permet de réorienter le soin, de nourrir le Cœur plutôt que de vouloir alléger le Poumon. 

3.QUAND LA JOIE EST MAL INTERPRÉTÉE : IDÉES REÇUES À DÉCONSTRUIRE

Dans bien des contextes, surtout à l’âge adulte, la joie peut passer pour de la légèreté, voire de l’immaturité. Résultat : on la retient, on l’étouffe, on évite d’avoir l’air « trop heureux », de peur de ne pas être pris au sérieux. 

Eh oui, à force de contenir ces élans, on finit par éteindre un moteur vital. Car la joie n’est pas un luxe — c’est un besoin. En Médecine Chinoise, la négliger revient à troubler le Shen, affaiblir le Cœur, et installer des tensions là où il devrait y avoir fluidité. 

S’autoriser à ressentir la joie, c’est parfois un acte de résistance douce. 

4. JOIE ET CONNEXION : UNE ÉMOTION QUI RELIE 

La joie n’est jamais complètement solitaire. Même lorsqu’on la ressent seul, elle appelle naturellement l’échange, le lien, le partage — parfois avec un simple regard ou un sourire. 

En Médecine Chinoise, le Cœur, qui gouverne la joie, est aussi l’organe du lien. Il permet la relation juste, sans masque, sans défense inutile. Quand la joie circule, c’est souvent qu’on s’est senti reconnu. Vu. Accepté. 

À l’inverse, l’isolement ou les blessures de lien peuvent refermer la porte au contentement. Pas par manque d’événements heureux, mais parce que rien ne circule. 

Retrouver la joie, c’est parfois oser rouvrir la fenêtre. Faire place à la relation — même simple. Un peu de chaleur humaine, une banalité sur la météo, un sourire échangé suffit parfois à rallumer la lumière.  

Une tribu de quokkas heureux 😀

5. « COMMENT PEUX-TU CHERCHER À RESSENTIR DE LA JOIE DANS LE MONDE QUI NOUS ENTOURE ? »

🌱 En MTC, chaque émotion est une énergie vitale en mouvement. La joie, liée au Cœur et à l’élément Feu, est essentielle non pas comme un luxe, mais comme une fonction de santé. Réprimer la joie, c’est comme couper l’oxygène à une partie de notre organisme. 

C’est une des énergies qui nous met en lien, qui nous fait circuler, intérieurement et avec les autres. Elle est indispensable à l’équilibre du Shen (l’Esprit), tout comme le calme, la colère juste, la tristesse assumée ou la peur maîtrisée. 

Donc, chercher la joie dans un monde troublé, ce n’est pas fuir : c’est nourrir sa vitalité pour rester vivant, lucide, aligné. 

Ceux qui cultivent la joie sont souvent ceux qui tiennent debout plus longtemps — et qui peuvent aider les autres à tenir aussi. 

Le Dao enseigne qu’on ne contrôle pas le monde, mais qu’on peut choisir comment y être. 
Il ne s’agit pas de nier les désastres, les violences, les injustices, mais de ne pas laisser le monde extérieur voler notre feu intérieur. 

Chercher de la joie, c’est refuser de s’éteindre. C’est une forme de courage doux. 
Un refus d’être uniquement en réaction. 
Un choix de rester créateur, sensible, humain — même dans le chaos. 

💬 « Parce que c’est précisément quand le monde est sombre qu’on a besoin de lumière. » 
Parce que la joie, quand elle est juste, n’exclut pas la douleur, elle lui donne un contrepoids. 
Elle permet de continuer à aimer, à agir, à soigner. 

6. LA VOIE DE LA JOIE : TROUVER SA JUSTE PLACE SELON LA PHILOSOPHIE CHINOISE 

Ce que la pensée chinoise, sans le formuler ainsi, pratique depuis des millénaires. 

En Médecine Chinoise comme dans la philosophie du Dao, la joie naît quand chacun occupe son espace légitime — celui qui respecte son rythme, sa nature, sa fonction essentielle. Ce n’est pas une injonction à réussir, ni à briller, mais à être à sa place, ni trop, ni trop peu. Juste. 

Le Dao, souvent traduit par « la Voie », n’est pas une destination. Il s’agit plutôt d’un mouvement. Un ajustement permanent, en lien avec l’univers, les saisons, les autres. Suivre la Voie, c’est danser avec ce qui est. 

Et quand ce mouvement est juste, la joie apparaît. Non comme un feu d’artifice, mais comme un feu qui tient chaud longtemps. 

Cette joie-là n’est pas figée : elle respire, elle fluctue. Elle épouse notre réalité mouvante, nos humeurs, nos passages à vide. Ce mouvement reflète aussi notre nature changeante : nous ne sommes pas les mêmes d’un jour à l’autre, et la joie suit cette respiration. 

« La joie se perd dès qu’on sort de son chemin. » comme l’aime à répéter Sylvain Inglebert, le fondateur de la Méthode Zhong Fu. Et si, au lieu de la chercher, on apprenait à ne plus s’en éloigner ? 

7.SPIRITUALITÉ ET CŒUR : LES MOUVEMENTS SUBTILS DE L’ÂME 

Dans la tradition chinoise, la spiritualité est moins une croyance qu’un état d’attention : aux saisons, aux gestes quotidiens, à l’autre, à soi. 

Le Cœur, en Médecine Chinoise, est le siège du Shen, l’Esprit. C’est lui qui permet à la conscience de s’éclairer, à l’individu de percevoir ce qui est juste, à la relation de s’installer sans masque. 

Claude Larre et Élisabeth Rochat de la Vallée précisent dans Les Mouvements du Cœur que le rôle du Cœur est de “donner la bonne mesure à tout ce que nous recevons, ressentons, décidons”. 

Ils écrivent : 
« Le Cœur est la lumière du jour dans l’humain. Il éclaire ce que l’on pense, ce que l’on veut, ce que l’on aime. »

Rare cliché d’un quokka en méditation

CONCLUSION DE LA PARTIE 1 : RETROUVEZ LE QUOKKA QUI EST EN VOUS

La joie n’est ni une frivolité, ni un privilège. Elle est une boussole. Une manière d’habiter sa place, de rester aligné malgré les secousses. Dans notre prochaine parution, nous verrons comment, dans un monde où la confusion règne, cette joie peut s’enraciner dans le quotidien. 

Social Share Buttons and Icons powered by Ultimatelysocial